C’est reparti pour deux jours de vélo sur « autoroute » pour rejoindre l’ancienne cité Kharkhorin où Chenggis Khan à décider d’y installer sa capitale en 1220.
Comme avant le petit gobi, nous installons notre tente sur une colline. Les souris y sont légèrement moins nombreuses et la vue est magnifique. Par contre, nous n’avions pas prévu que le vent allait autant se lever. Au petit matin, nous subissons de fortes rafales. Les sardines ne tiennent pas mais la tente ne s’envole pas pour la simple raison que nous sommes dedans. Basile se sacrifie sous la pluie pour aller tout remettre en place le temps que Marie Ingrid essaie de maintenir en place ce qui peut encore l’être. Un réveil comme nous les aimons : tout en douceur. Le piquet de faîtage de la tente en gardera quelques séquelles mais rien de bien grave. Notre tente est maintenant unique avec ce petit effet bossu sur le dessus.
Comme les bourrasques du matin pouvaient le laisser présager, nous arrivons sous la pluie à Kharkhorin. Nous traversons la rue principale complêtement bouchée par les queues interminables aux stations essence. Depuis, mi-août, il y a une pénurie de carburant dans le pays (ils étaient approvisionnés par la Russie mais celle-ci a coupé le robinet). Le gouvernement limite les usagers à 15 litres d’essence par passage. Certains dorment dans leur voiture devant les stations en attendant un approvisionnement. D’autres abandonnent leur voiture aux abords de la station pour s’assurer une place.
Nous restons une journée entière à Kharkhorin pour visiter le monastère d’Erdene zuu et trouver un moyen de transport pour nous emmener nous et nos vélos en haut de vallée d’Orkhon.
C’est avec un fidèle porter, camionnette dont nous avons maintenant l’habitude, que nous arrivons à destination trois heures plus tard biens secoués. Les derniers kilomètres ont été bien compliqué pour le chauffeur et la cargaison.
Les vélos et sacoches remontés, nous filons à la cascade d’Orkhon nommée « Red Waterfalls ». Basile arrive avec une mauvaise nouvelle. Son dérailleur a pris un coup pendant le transport. En voulant démarrer, il a déraillé et la chaîne a cassé deux rayons. Quelque heures après, le vélo est partiellement réparé. Pour les rayons c’est foutu mais le dérailleur a été remis à peu près droit. Comme dirait l’expression : c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Les vitesses passent, c’est le principal.
Après avoir admiré la cascade de haut, nous descendons à pied dans les gorges pour l’admirer de plus près. Nous arrivons dans un endroit boisé, protégé du vent, qui ne ressemble pas au reste de la steppe. Nous passons un excellent moment dans la rivière. Le soir venue, nous trouvons un bel endroit au bord de la rivière où nous verrons pas mal de troupeaux de yacks et de chevaux traversés le guet d’à côté. Les troupeaux sont conduits par nomades à moto ou à cheval. Ils n’ont pas peur de traverser les guets même si il y a beaucoup de fond. Ils sont extrêmement habiles, c’est impressionnant !
Nous mettrons trois jours et demi à descendre la vallée d’Orkhon, la première portion est plutôt simple, Armand a même fait 20km à vélo le premier jour grâce à un super vent de dos et un magnifique faux plat descendant. La seconde portion est plus difficile, il y a pas mal de montée sur des pistes compliquées techniquement. Nous essayons plusieurs fois de d’éviter certaines montées de cols en essayant de longer la rivière au plus près mais cela ne marche pas à tous les coups. Le dernier jour, les pistes sont remplies de cailloux. C’est difficile de faire plus de 7km/h. Cela nous permet d’admirer les superbes paysages.
Cette vallée est une belle découverte. Les paysages varient autant que les conditions de route. Il y a les montagnes d’un côté, les steppes de l’autre et au milieu la rivière avec ses arbres. Les vaches sont remplacés par les yacks et souris par des écureuils terrestres qui ressemble à des mini marmottes. Nous traversons beaucoup de champs de cailloux noirs « de lave » au petit bonheur la chance. Nous avons l’impression d’être dans des labyrinthe à chaque fois. La rivière d’Orkhon reste notre repère. Nous la suivons au plus près et devons à de nombreuses reprise trouver un moyen de traverser ses affluents.
Nous nous sentons bien dans cette vallée, il n’y a aucun chien de berger qui vient nous aboyer dessus.
Nous finissons notre traversée en rencontrant un couple de français avec deux enfants en fourgon aménagé. Ils sont partis, il y a déjà six mois de France et vont jusqu’au Japon. Nous avons passé un bon moment ensemble autour d’un thé et du chocolat. Les enfants ont pris leur aises dans le camion et discutés avec leur nouveaux copains. Ça leur a fait du bien de pouvoir parler à quelqu’un d’autre que leur parents.
De retour à Kharkhorin, nous dormons une nouvelle fois dans un camp de yourte qui deviendra notre camp préféré de Mongolie.




































































































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