Après une journée tranquille sous la tente en attendant que la pluie s’arrête, nous nous remettons en route. Nous espérons atteindre dans la journée le parc national de Hustai où des chevaux de Przewalski ont été réintroduits et sont maintenant protégés. Mais avant cela, nous allons rendre visite aux Nomades qui nous ont offert à manger la veille. Nous sommes superbement accueillis par la grand mère qui est la seule sur place. Tout le monde étaient déjà partis soit à l’école soit occupés aux tâches quotidiennes de la vie nomade.
Les réserves de gâteaux et sucrerie d’Armand refaites, nous continuons donc à suivre les pistes le long de la rivière au petit bonheur la chance. Malheureusement celle-ci ne nous sourit pas bien longtemps. La piste s’arrête nette dans un camp nomade. Il faut s’en remettre à notre GPS et essayer de maintenir le cap vers la piste la plus proche pour éviter un demi tour de plusieurs kilomètres. C’est assez marécageux et, en Mongolie, qui dit marécage dit sol mou et terrain bossu. C’est jolie, les enfants s’amusent à sauter de bosse en bosse mais c’est vraiment pas pratique en vélo. Vers midi, nous rejoignons par sécurité notre tracé officiel avant de décider de repartir en direction de la rivière pour y planter notre tente à la lisière du parc, les chevaux de Przewalski ce sera pour demain !
** L’avantage de camper le long de la rivière c’est que nous pouvons refaire nos réserves d’eau grâce à notre filtre. A quatre nous consommons dans les 12 litres d’eau par jour entre la boisson, la cuisson et la vaisselle. En restant prés de la rivière, nous nous évitons de devoir porter trop d’eau tout en prenant un peu de marge au cas où. **
Une nouvelle journée plein d’espoir commence. Nous discutons stratégie et misons sur la proximité de la rivière pour apercevoir les chevaux. Nous abandonnons une nouvelle fois notre tracé officiel. Malheureusement, ils n’étaient pas là et, comme les nomades n’ont pas le droit de s’installer dans le parc, le paysage nous a semblé bien vide. Il n’y avait ni yourte ni troupeau. Nous nous étions habitués à ces repères visuels. Les herbes étaient hautes contrairement au reste de la Mongolie. Nous en déduisons que les chevaux de Przewalski ont bien beaucoup d’espace pour brouter et que les chances de les voir sans un guide sont finalement minimes. Une fois le parc derrière nous les pistes s’éloignent systématiquement de la rivière. Il faut dire que les crevasses laissées par l’eau lors des fontes des neiges sont énormes (parfois un bon 3m de profondeur) et rendent les abords de la rivière impraticables en voiture. Et voilà que les galères commencent. Nous n’avions pas prévu de nous retrouver aussi loin de la rivière au soir. Nos réserves d’eau ne nous permettrons pas de tenir deux jours. Nous tentons alors de filtrer une sorte de grosse flaque d’eau que nous croisons sur la route. Même si l’eau qui sort de notre filtre est limpide et sans danger, celle-ci sent très fortement le « mouton ». C’est imbuvable. Mais le vrai problème est que notre poche à eau et notre filtre ont aussi pris cette odeur et quelle est vraiment tenace. Ils sont donc, en tout état de cause, hors service tous les deux. Nous plantons notre tente un peu plus loin et décidons d’instaurer un rationnement stricte de l’eau pour gérer nos dernières réserves. Une fois installés, nous demandons à un nomade s’il serait possible qu’il nous ramène de l’eau que nous pourrions faire bouillir au réchaud. Il accepte avec plaisir mais avant même que nous ayons eu le temps de réagir, il a vidé sont bidon dans notre poche à eau souillée. Nous retournons à la case départ. La journée du lendemain s’annonce bien pénible.

































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